Invisible target

Publié le par SaphiraParker

Voilà un film comme on n’en fait pas tant que ça.

Un film d’action avant tout, c’est vrai, mais pas seulement.

De l’humour, mais pas gras, des combats somptueux, des explosions plutôt sympa (même si elles ne cassent quand même pas trois pattes à un canard. Oui, moi aussi je sors des expressions de derrière les fagots des fois !), des dialogues corrects, j’entends par là, pas trop niais, et enfin ce qui ne gâche rien : des acteurs avec un physique à tomber par terre ! Alors c’est vrai, l’histoire en elle-même manque un peu d’originalité, ce n’est pas la trame du siècle on va dire. Mais les personnages sont attachants, et les situations se suivent sans trop se ressembler.

 L’histoire ? ben en gros, on a trois flics que tout oppose : le gros bras frimeur mais efficace, le casse coup qui passe sa vie à essayer de mourir, et le p’tit jeune qui n’en veut, légèrement boy-scout sur les bords. Ces trois hommes, qui peuvent pas se supporter, se retrouve par un concours de circonstances à bosser sur la même affaire, et à la suite d’un quid pro quo, se retrouvent à faire équipe. Leur but, mettre un terme aux agissements d’un groupe de mercenaires reconvertis dans le braquage, mais qui ont conservé leur côté sanguinaire.

 Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce film, outre le fait que Nicolas Tse se prend une magnifique raclée, c’est la poésie. Oui, j’ai bien utilisé le terme poésie. Oui, pour moi c’est parfaitement ce qui caractérise ce film d’action. Dans la lignée d’un classique tel que « A toute épreuve » de John Woo, les fusillades de deux heures et demi en moins, les combats ont un sens, ils prennent la place d’une discussion, d’une explication de texte presque (enfin pas tous, hein, y a des combats c’est juste « viens là que j’te casse la tronche ! »). Outre le côté chorégraphie qui caractérise le cinéma d’action hong kongais, il y a le « jeu de regards », quand les protagonistes nous révèlent tan d’informations sans dire un seul mot, quand l’émotion passe alors qu’on ne s’y attend absolument pas.

 En même temps, c’est un Benny Chan (à quand Benny Chan à LA ? Ça pourrait être du plus bel effet !)

 A noter dans le casting la présence d’un Jaycee Chan étonnant (vu notamment dans le splendide navet intitulé The twin effect2, où il avait l’un des rôles principaux). Son personnage est probablement le plus attachant, mais aussi le plus surprenant, par sa ténacité et son obstination. Les années en plus lui vont bien, et les cheveux courts, aussi.

 Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter Nicolas Tse (quoi ? si vous préférez ? ok, c’est celui que l’on a appelé le nouveau Jackie Chan, vu dans Gen X cop, et new police Story, entre autres), je préfère m’attarder sur Andy On et Jack Wu, les deux « méchants » les plus charismatiques depuis Marc Dacaskos dans en sursis. Leur mouvements sont fluides et puissants, leurs visages….comment vous dire ? j’en veux un comme ça !!!!!! Ils sont beaux, ils sont forts, ils sont super bien fichus, ils sont ténébreux à souhaits et totalement torturés, on a presque envie de leur pardonner d’être des tueurs sanguinaires ! Ajoutez à ça le fait que Jack Wu a fichu la raclée de sa vie à Nicolas Tse (rien que pour ça, il mérite un oscar ! ah mince, y a pas d’Oscar à Hong Kong !) et que Andy On porte la misère du monde sur les épaules mêlé à ce qui ressemble à une once de remords.

 Nous avons donc un film d’action avec un vrai jeu d’acteurs, fait assez rare pour être souligné. Comment ça je suis méchante ? Ben quoi ? C’est vrai non ? Les acteurs de ce genre de films sont loin d’être réputés pour leur qualité de jeu, mais plutôt pour leurs prouesses physiques. Alors quand en plus, on nous vend le film à grand renfort de « Par les producteurs de Ong Bak », on est encore plus surpris d’un tel résultat. (Comment ça je n’ai pas vu Ong Bak donc j’ai pas le droit de dire un truc pareil ?) Arf...

Et le dernier mais non le moindre, le très, très, très beau Shawn Yue, qui interprète l’inspecteur « j’me la raconte ». Bon j’en ferais pas des tonnes, mais lui aussi c’était un régal de le voir à l’écran.

 La musique aussi est sympa, et les perso secondaires à part LA femme (oui, parce qu’il y a une seule femme dans tout le film), à noter que LA femme en question est réellement utile, et n’a pas un simple rôle de potiche, genre je suis amoureuse du héros et je passe tout le film à me faire du soucis pour lui,les persos secondaires donc sont complètement plats et transparents (ben oui, il ne peut pas y avoir que des bons points quand même), mais dans l’ensemble, j’aurais vraiment apprécié voir ce film au ciné.

 Ma note :8/10



Publié dans cinéma asiatique

Commenter cet article